Depuis des mois, dans la région de la réserve d’autochtones de Standing Rock dans l’Etat américain du Dakota du Nord, le chantier d'un oléoduc suscite de violentes contestations. Les manifestant-e-s, et surtout les autochtones de la tribu Sioux, luttent contre la destruction des sites culturels de haute importance et redoutent de graves dommages environnementaux. Les protestations sont assombries par des violations des droits humains et une violence policière massive. Le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, a autorisé la construction du dernier tronçon de l'oléoduc controversé au nom des « intérêts nationales », piétinant les droits des peuples autochtones et la protection de l’environnement.

Les deux plus grandes banques suisses, UBS et le CS, gèrent un nombre considérable d’actions des sociétés impliquées et leur octroient des crédits. Maintient la pression sur ces banques, et appelle les à agir en cas de violations des droits humains !

Pétition

 
 

Credit Suisse et UBS doivent assumer leur responsabilité en tant que gestionnaires de paquets d'actions considérables et prêteurs importants. Nous exhortons ces deux grandes banques à prendre clairement position! Dans de telles situations, elles doivent également faire pression sur les entreprises en faveur d’une résolution pacifique du conflit, et examiner la possibilité de retirer les prêts et les services ainsi que de vendre les actions si le conflit n’est pas résolu de manière pacifique. Par ailleurs, nous demandons que les grandes banques incluent dans la future une clause de résiliation dans tous les contrats avec des entreprises ainsi que tous les autres client-e-s, pour pouvoir résilier de telles contrats et services, si la situation concernant l’environnement et les droits humains se détériore.

Dakota Access Pipeline

L’oléoduc Dakota Access Pipeline prévu dans le nord des Etats-Unis devrait permettre d’acheminer 470 000 barils de pétrole en moyenne par jour à travers quatre Etats fédérés. Le réseau de conduites souterrain, d’une longueur de près de 1900 kilomètres, doit passer sous plusieurs fleuves. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le pipeline est très contesté dans la région de la réserve de Standing Rock dans le Dakota du Nord. La population locale de la tribu des Sioux redoute des fuites dans l’oléoduc, qui non seulement paralyseraient l’approvisionnement en eau potable, mais occasionneraient également de lourds dommages environnementaux à moyen et long terme. En outre, le tracé planifié du pipeline passe au milieu d’un cimetière et d’autres terres considérées comme sacrées par les autochtones.

En avril de cette année déjà, des campements ont été installés sur le site où la construction de l’oléoduc est planifiée, afin de manifester pacifiquement contre le projet. En septembre, les protestations ont été plus virulentes et les autorités compétentes ont demandé le gel de la construction. Toutefois, un tribunal national n'a pas tardé à annuler cette décision. Entretemps, les manifestant-e-s ont reçu le soutien du monde entier. Ainsi, le nombre d’activistes présents sur place a franchi le cap du millier et les manifestations de solidarité à l’égard du peuple sioux sont venues du monde entier. Au cours de ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont réagi avec une violence croissante : elles ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et des canons à eau contre les manifestant-e-s pacifistes et ont déjà arrêté pas moins de 400 militant-e-s à ce jour. Cette répression, ainsi que les conditions de détention inhumaines, sont en en cours d'examen par un rapporteur spécial de l’ONU, qui a d’ores et déjà constaté de graves violations des droits humains dans son compte rendu publié récemment.

Trump autorise la construction

En novembre, une petite lueur d’espoir se formait, quand l’administration territoriale responsable décidait de bloquer la construction jusqu’à ce que les consultations avec la population locale étaient conclus. Une journée plus tard, les grands opérateurs ont déposé une plainte contre la décision avant le tribunal de district de Washington. Début décembre l’US Army Corps of Engineers a décidé de suspendre provisoirement le projet en n’accordant pas le droit de passage. Par contre, on voulait entreprendre une étude d’impact environnementale complète et explorer des tracés alternatifs. Peu après son entrée en fonction, Trump a mis un terme abrupt à ce processus. Fin janvier 2017, le nouveau président a incité de terminer la construction du dernier tronçon du DAPL. Il est préoccupant comment l’Etat, les banques et les entreprises font passer les intérêts économiques avant les droits humains.

Le rôle du CS et UBS

Les grandes banques suisses Credit Suisse et UBS jouent un grand rôle dans ce projet d’oléoduc controversé. On savait déjà que UBS et CS ont chacune investi 340 millions USD dans les entreprises qui participent à l’oléoduc. Des nouvelles recherches de Greenpeace ont révélé que le Credit Suisse est même le financier principal du projet : le CS soutient le projet et les propriétaires de l’oléoduc avec des crédits de presque 1,4 milliards de dollars US – beaucoup plus qu’aucune autre banque participante.

En plus, les deux banques suisses gèrent des paquets d’actions de trois des quatre entreprises qui participent à la construction de l’oléoduc – Energy Transfer Partners, Energy Transfer Equity und Sunoco Logistics Partners. À la fin de l’année passée, le CS a multiplié ses parts en actions de Energy Transfer Partners par 7 (comparé à septembre 2016) et ceux de Energy Transfer Equity par 4. L’UBS a doublé ses parts des deux compagnies comparé à septembre. Actuellement, le CS gère des paquets d’actions d’une valeur globale de plus de 300 millions et l’UBS d’une valeur globale de plus de 650 millions.

Faire un don

La Société pour les peuples menacés (SPM) Suisse est une organisation internationale indépendante pour les droits humains, la SPM s’engage pour les minorités persécutées et les peuples autochtones. Nous documentons les violations des droits humains, informons et sensibilisons le public et défendons les intérêts des groupes concernés face aux autorités et responsables. Nous soutenons des initiatives locales qui renforcent les droits humains des minorités et peuples autochtones, et travaillons au niveau national et international avec des organisations et personnes qui poursuivent les mêmes buts.

Nous dépendons de ton soutien afin de pouvoir nous engager le plus efficacement possible pour la protection de peuples autochtones et de minorités dans le monde entier. Tu peux effectuer ton don directement en ligne (carte de crédit/Postcard) ou commander un bulletin de versement. Nous te remercions d’avance de ta contribution !